* Excellence Monsieur le Gouverneur de la Province, * Excellence Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, * Honorable Monsieur le Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga, * Honorables Mesdames et Messieurs les Députés, * Excellences Madame et Messieurs les Ministres Provinciaux, * Excellence Monseigneur le Président du Conseil d’Administration des Universités du Congo, * Madame le Secrétaire Général à l’Enseignement Supérieur et Universitaire, * Monsieur le Commandant de la 6ème Région Militaire, * Madame le Maire de la Ville de Lubumbashi, * Messieurs les Consuls Généraux, * Messieurs les Présidents-Délégués Généraux des Entreprises Para-Etatiques, * Messieurs les Directeurs Généraux des Instituts Supérieurs Officiels de Lubumbashi, * Messieurs les Membres du Comité de Gestion de l’Université de Lubumbashi, * Messieurs les Chefs de Division des Services Provinciaux de l’Administration Publique, * Madame le Bourgmestre de la Commune de Lubumbashi * Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Académique et Scientifique de l’Université de Lubumbashi, * Mesdames et Messieurs les Membres du Personnel Administratif, Technique et Para-Médical de l’Université de Lubumbashi, * Distingués Invités, * Camarades Etudiantes et Camarades Etudiants, A l’occasion de cette clôture de l’année académique 2008-2009, il est pour nous un agréable devoir de réitérer les remerciements de l’Université de Lubumbashi et de l’ensemble des Institutions de l’Enseignement Supérieur et Universitaire du Katanga pour l’appui constant que l’Etat apporte aux activités de ce secteur social. Pour mener cette année académique à terme, nous avons eu le privilège de bénéficier, sous diverses formes, de dons de la part du Chef de l’Etat, du Gouverneur de Province, et de quelques entreprises privées locales. La Communauté universitaire a ainsi reçu cette année plusieurs véhicules de transport, et des bourses d’études locales pour un certain nombre de nos étudiants. Que ces grands donateurs trouvent ici l’expression de gratitude de l’Université de Lubumbashi. * Excellence Monsieur le Gouverneur, La transmission de ces remerciements pour nous au Chef de l’Etat, au Gouvernement, au Parlement et au Pouvoir judiciaire de la République nous obligerait. Nos remerciements s’adressent aussi, pour les mêmes raisons, à toutes les Autorités militaires et municipales du Katanga. *** *** *** * Excellence Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, La Communauté universitaire de Lubumbashi suit avec une attention soutenue vos interventions au Parlement, au sein des Institutions de l’Enseignement supérieur et dans les médias. La détermination, avec laquelle vous stigmatisez les tares et les maux qui rongent le secteur que vous avez aujourd’hui la charge de gérer, indique bien que votre volonté se situe au niveau d’un combat de société et non pas au niveau d’un jeu de visibilité politique. La réforme que vous projetez bénéficiera de l’appui total du monde universitaire du Katanga. En effet, comme nous le disions dans notre discours clôturant l’année académique 2007-2008, les pays africains qui ne veulent pas aujourd’hui investir massivement dans l’éducation et la recherche scientifique se condamnent au sous-développement et à la marginalisation. Nous vous assurons, Excellence Monsieur le Ministre, de tout notre appui dans ce combat de société. Voilà pourquoi notre Université a pris la décision de réunir tous les textes de vos interventions, de les faire imprimer et éditer, afin de participer à votre combat par la sensibilisation de la communauté nationale contre le danger qui guette la République démocratique du Congo, si l’école et l’université sont condamnées à leur abandon actuel. *** *** *** Il s’agit bien d’un abandon, si l’on analyse froidement la situation des infrastructures qui abritent nos établissements. Notre Université fonctionne dans un site infrastructurel conçu en 1956 pour accueillir quelques centaines d’étudiants. Nous en accueillons aujourd’hui près de vingt cinq mille. Les laboratoires et les équipements techniques, devant servir de support à l’enseignement et à la recherche, sont obsolètes, là où il en existe encore. L’enseignement et la recherche ne suivent pas le rythme dans leur évolution scientifique moderne, en raison, principalement, de l’absence relative de soutien financier significatif. Comme si tout cela ne suffisait pas, la gestion de l’environnement urbain tend à déstabiliser notre action à travers la menace qu’elle fait peser sur notre patrimoine foncier. Sur ce plan, nos cris d’alarme paraissent avoir été entendus, tant au niveau des autorités politico-administratives, judiciaires et militaires de la Province qu’au niveau des services chargés de la gestion foncière. Nos cris ont peut-être été entendus, mais les solutions adaptées à la situation tardent à venir concrètement. Notre site reste constamment menacé. Ce qui nous oblige à des actions d’autodéfense qui risque un jour de dégénérer en actes incontrôlables. Nous lançons ainsi un cri d’alarme pour que l’Etat protège finalement ce patrimoine qui est le sien. *** *** *** A la fois pour résoudre les problèmes d’infrastructures, d’équipements en laboratoires et en matériels techniques, de capacités d’accueil et d’espace, et en vue d’améliorer nos moyens dans l’accomplissement de notre mission, nous avons pris l’habitude de recourir à la fois au secours naturel de l’Etat, mais aussi désormais à l’aide extérieure et, surtout, à l’appui (sollicité localement et souvent accordé) du « monde des affaires » et de la Société Civile. C’est dans ce cadre que nous avons conçu et créé ce que nous appelons l’ « Interface Société-Université ». Les aides ainsi coordonnées nous ont permis d’acquérir un équipement appréciable dans les Nouvelles Technologies d’Information et de communication, logé aux premier et au quatrième étages ; cet équipement sera bientôt renforcé par les installations du septième étage du Building Administratif de l’Université. Les Facultés des Lettres, de Polytechnique, des Sciences bénéficient déjà d’un équipement minimal semblable, et nous pensons pouvoir étendre ces équipements en informatique et Internet aux autres Facultés, Ecoles et Extensions viables de l’Université. Une chose est d’être ainsi équipé, mais une autre est d’être en mesure d’entretenir et de réparer cet outil mis à notre disposition ; mieux encore, il est impérieux que la Faculté Polytechnique, l’Ecole Supérieure des Ingénieurs Industriels et le Département de Mathématiques de la Faculté des Sciences nous fournissent des cadres capables non seulement d’assurer la maintenance de ces machines, mais aussi et surtout de les concevoir et de les développer. Les expériences ouvertes par l’Université et la Coopération nous permettent d’espérer en arriver à ces divers stades. *** *** *** Au cours de l’année académique qui s’achève, nos voyages à l’extérieur ont permis de renforcer des accords de coopération universitaire existants ou d’ouvrir de nouvelles perspectives avec notamment les pays de la SADC, les universités belges, les universités françaises et avec quelques universités africaines. Il est possible que, spatialement, l’expérience s’étende rapidement au Canada, à la Russie, à l’Allemagne et à quelques autres pays de l’Union Européenne. En effet, à partir de cette année académique, l’Université de Lubumbashi vient de démarrer un nouveau programme quinquennal de coopération avec les universités francophones de Belgique regroupées au sein de la Commission Universitaire au Développement (CUD), un programme qui s’articule essentiellement autour de la formation doctorale de qualité, du renforcement de la pédagogie universitaire et de la maîtrise de la gestion académique. C’est pour faire fonctionner ce programme que nous avons résolu d’aménager le 7ème étage du Bâtiment Administratif dont la luminosité des installations attire l’attention non seulement des passants mais aussi des voyageurs qui débarquent à Lubumbashi la nuit. Avec l’appui de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) et d’autres partenaires, dont l’Ambassade de France en RDC, le Centre Wallonie Bruxelles, l’Association pour la Promotion de l’Education et de la Formation à l’Etranger (APEFE), le projet Campus Numérique est en train de se concrétiser. Quand il sera opérationnel, le bâtiment qui abrite la présente cérémonie, lieu où ce Campus Numérique est en train d’être implanté aux côtés de la Faculté de Médecine, va doubler sa fréquentation. L’apport de la coopération interuniversitaire dans le domaine de la recherche scientifique n’est plus à démontrer. Le nombre annuel de thèses de doctorat et des Diplômes d’Etudes Supérieures er de Spécialisation a beaucoup augmenté grâce certainement aux bourses locales et d’études que nous ne cessons d’obtenir de la part de nos partenaires. Rien qu’au cours de cette année, certaines facultés à carence ont augmenté leur effectif d’enseignants qualifiés, à l’exemple des Facultés Polytechnique et des Sciences Agronomiques, qui, du coup, viennent d’enregistrer respectivement trois et deux nouveaux docteurs. Aussi, n’avons-nous pas hésité à leur confier des responsabilités importantes au sein de la faculté afin de mieux assurer leur intégration. Nos assistants ne sont pas les seuls à tirer profit de la coopération. Au cours de l’année 2009, une quinzaine de Professeurs confirmés ont obtenu une bourse de recyclage afin de leur permettre de mieux assurer l’encadrement des doctorants, de parfaire leurs enseignements et leurs recherches. Néanmoins, nous devons mentionner que l’Université de Lubumbashi ne s’intègre pas encore dans les programmes des grands projets de recherche, alors que plusieurs opportunités se présentent, avec la coopération tant internationale que locale. Il est donc impérieux que nos professeurs et chercheurs, au-delà de l’enseignement, se mettent aussi à concevoir et à proposer à leurs homologues des universités et institutions partenaires des projets de recherche solides. Les Doyens doivent se rappeler qu’après la visite des universités françaises du mois de décembre 2008, une grande documentation à ce sujet leur avait été remis, mais le rectorat continue jusqu’à ce jour d’attendre des initiatives de leur part. Nous devons tous savoir qu’une université est surtout évaluée par ses réalisations dans le domaine de la recherche. Celle-ci favorise la visibilité des enseignants et des chercheurs. *** *** *** * Excellence Monsieur le Gouverneur de Province, * Excellence Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, * Mesdames et Messieurs les Professeurs et Chers Collègues, * Distingués Invités, La place qu’occupe aujourd’hui l’Université dans notre Société est considérable et son importance n’est plus à démontrer. Cela seul explique le fait que nous sommes constamment sous les feux de la rampe. La société est sévère pour les citoyens qui appartiennent ou sont liés à l’Université ou pour ceux qui en sont issus. On entend souvent dire que les « universitaires sont responsables de la misère du pays ». Depuis l’Antiquité occidentale, des écrits ont transmis l’idée que la situation à l’avant-plan, c’est-à-dire la visibilité sociale ou publique d’un individu contribue grandement à ce que l’on peut appeler « sa conduite exemplaire » en société, à la bonne gouvernance dans sa sphère d’activité et d’intervention. Au cours de l’année académique qui s’achève nous avons eu à déplorer des cas de conduite condamnable au sein de notre communauté. Des étudiants qui recourent à des voies de fait pour régler leurs différends, des étudiantes qui usent d’un langage ordurier publiquement, les cas de tricherie aux examens, les cas de vol d’objet avéré sur les Cités Universitaires sont de plus en plus nombreux. C’est pour l’Université et pour notre société, une source de honte. Evidemment, la honte est plus accablante, lorsqu’il s’agit d’actes posés par des étudiantes, comme cela a été le cas d’une bagarre entre quelques étudiantes du Département des Sciences de l’Information et de la Communication à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines. Un tel comportement méritait une sanction plus sévère que celle que nous avons été amenés à prendre comme avertissement. Nous partageons, en ce qui concerne le « deuxième sexe », cette idée du Président Barack Obama émise le 4 juin 2009 à l’Université du Caire en Egypte selon laquelle « une femme que l’on prive d’éducation est privée d’égalité ». Mais il n’existe pas d’égalité à revendiquer dans le but de faire le mal ; exactement comme il ne peut exister de droit à une société permissive, dont, souvent, découlent les guerres civiles et les rébellions. C’est pour dire qu’en ce qui concerne les « anti-valeurs » souvent décriées en milieux universitaires, nous sommes décidés à être sévères dans l’application des règlements qui régissent la vie dans notre Communauté. Ce qui nous conduit - revenant sur nos propos de l’année dernière – à parler de gouvernance. Nous avons voulu situer notre mandat sous la devise de la « transparence » et de la « bonne gouvernance » guidées par un souci de rationalité et par des préoccupations d’ordre éthique. Nous pensons que notre attitude a été payante. Les sources des remous ont tari, et les intrigues de toute nature ont diminué. Nous rencontrons encore des résistances compréhensibles mais répréhensibles en ce qui concerne, par exemple, la décision de Monsieur l’Administrateur du Budget d’uniformiser la comptabilité de l’Administration centrale avec celle des Facultés, des Ecoles supérieures et des Unités de Production. Le second front de résistance, moins compréhensible celui-là mais plus répréhensible encore, est celui lié au non respect des textes réglementaires portant sur les jurys d’examens. Certaines Facultés continuent à s’illustrer par un laxisme dont les conséquences peuvent conduire à la mort de la science dans notre Université. Il nous suffit ici de citer les situations qui ont accompagné, il y a quelques mois, l’examen des inscriptions spéciales. Ces agissements sont absolument condamnables. Les étudiants doivent savoir qu’on ne réussit pas à tout prix. Seuls le travail et l’effort mènent à la réussite. Notre « gouvernance » spécifique consiste à nous plier aux exigences et aux valeurs qui permettent à la science d’exister et de se développer pour permettre à la société de bénéficier de connaissances et de techniques qui aideront la RDC à créer la croissance économique et le développement. Nous sommes à l’écoute et nous suivrons l’exemple du Chef de l’Etat dans la lutte qu’il a engagée contre les « anti-valeurs ». Nous ne pouvons, sous aucun prétexte, sortir de ce cadre. * Mesdames et Messieurs, C’est forcément et naturellement que l’Université qui forme les cadres supérieurs se voit dans l’obligation de dénoncer constamment un mal qui ronge les structures de notre société : la corruption. On dit qu’il n’y a pas de corrompus sans corrupteurs. Il est constamment demandé aux parents et aux tuteurs de ne pas contribuer à transformer leurs enfants – nos étudiants – en corrupteurs. Il faut que la société sache qu’une personne qui passe d’une promotion à une autre grâce à la corruption en espèces ou en nature est condamnée à être un « brouillon » toute sa vie. On peut acheter un diplôme ; l’expertise ne s’achète pas. On ne peut exiger une chose et son contraire. La pratique de la corruption s’oppose au développement, à tout Etat de droit, à la démocratie. Il est curieux de constater que ce sont les parangons de la démocratie qui sont aussi les fervents adeptes de la corruption. A Accra, le 11 juillet dernier, Barack Obama a promis de n’établir de partenariat qu’avec les pays où règne un Etat de droit, et il a ajouté : « Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement, ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue. Aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20 %, ou dans lequel le chef de l’autorité portuaire est corrompu. Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort et à la corruption. Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, même si de temps en temps on y sème une élection çà et là, et il est temps que ce style de gouvernement disparaisse. En ce XXIe siècle, des institutions capables, fiables et transparentes sont la clé du succès ; des parlements puissants et des forces de police honnêtes ; des juges et des journalistes indépendants ; un secteur privé et une société civile florissants, ainsi qu’une presse indépendante. Tels sont les éléments qui donnent la vie à la démocratie, parce que c’est ce qui compte dans la vie quotidienne des gens ». C’est avec ce sens du concret que nous voulons travailler à l’Université. *** *** *** Notre « gouvernance » s’appréciera à travers notre rigueur à réaliser un travail méthodique, à partir des Départements, afin que la transmission et l’acquisition des connaissances et du savoir en Faculté puissent être les plus parfaites possibles. Toutes les autres considérations, en ce domaine, contribuent à tuer la science, l’Université et donc la société. Nous avons émis l’année dernière des idées pour l’amélioration des conditions de transmission et d’acquisition des connaissances et des savoirs. Nous avons parlé de la production obligatoire de syllabus conformes à la science pour chaque enseignement, de la redynamisation de notre maison d’édition, de la création d’une librairie universitaire, de la modernisation de notre imprimerie, de l’établissement de règles rigoureuses de docimologie, etc. Aucune de ces idées n’a connu jusqu’ici un début de suite dans l’exécution. Au contraire, en beaucoup de cas, en ce qui concerne la vente des syllabus, la pratique dite des « droits d’auteur », qui est une pratique honteuse et dévalorisante pour la fonction enseignante, continue à avoir cours ; beaucoup d’enseignants y recourent sans gêne. Et pour couronner le tout, sur ces mêmes enseignants pèse la suspicion non seulement de ne jamais achever les cours mais encore de recourir à un « comité de promotionnels » chargé de corriger les copies d’interrogations et d’examens. Des membres du corps scientifique rédigent des travaux de fin d’études ou des mémoires en lieu et place des étudiants. Des dizaines sinon des centaines de ces travaux scientifiques sont dirigés et corrigés par un seul individu, évidemment contre payement en espèce ou en « nature ». Depuis des décennies, une frange importante de membres de notre Communauté universitaire se plaît à transformer l’Université en une institution d’œuvre philanthropique de bienfaisance. Des assistants et des attachés de recherche, particulièrement, évoluent sans charge horaire précise et s’adonnent à des activités lucratives sans lien évident avec leur statut social et professionnel, alors qu’ils bénéficient des salaires et des avantages entiers de l’Université. Ce comportement doit prendre fin. Il en est de même de ces pratiques courantes en certaines Facultés, où des citoyens régulièrement inscrits comme étudiants se font appeler vulgairement « personnes morales », tout simplement parce qu’ils n’assistent ni aux cours, ni aux travaux pratiques, ni même aux contrôles des connaissances, mais se font proclamer avec des mentions élevées, grâce à la complicité dispendiée de certains membres du corps académique et scientifique. En certains cas, des cotes sont complaisamment attribuées, alors que des travaux pratiques ne se réalisent jamais. Ces formes de fraude de « cols blancs » doivent absolument disparaître de notre Université. Dans les Extensions, des pratiques contraires à la bonne gestion et à la déontologie ont été constatées, et elles nous ont amené à sanctionner les responsables et les coupables suivant les lois et règlements en vigueur. De l’agitation s’est créée à ce sujet dans les milieux politiques et au niveau des « Mutuelles ». Heureusement pour nous, la sagesse de Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire a permis d’apaiser la situation. Les enquêtes se poursuivent cependant dans les Extensions de l’UNILU, malgré ces tentatives d’ingérence de « mutuelles communautaires ». En attendant, nous avons décidé qu’à partir de l’année académique 2009-2010, il ne sera plus autorisé d’inscrire en premier graduat de Médecine, jusqu’à la suppression complète de cette filière (Médecine humaine) dans toutes les Extensions en 2011. D’autres filières, qui poseraient problème, connaîtront le même sort. Il doit d’ailleurs être entendu que ces Extensions ont été créées pour que, si elles sont viables, elles se muent en Institutions autonomes, ce qui éliminera les « inscriptions spéciales » intempestives. La gestion douteuse en certaines Facultés et dans les Extensions nous poussent à encourager la formation en matière de « gestion académique ». Les sanctions prises contre certaines autorités des Extensions-Unilu indiquent que le Comité de Gestion est déterminé à aller jusqu’au bout dans la lutte contre l’impunité. Il va de soi que nous ne pratiquons pas un jusqu’auboutisme aveugle ou arbitraire. Le principe de justice en société repose sur la paire de mamelles que constituent à la fois le pardon que l’on accorde au coupable qui reconnaît sa faute, et la repentance accompagnée de réparation qu’on attend du même coupable. L’Université, que nous avons reçu mandat de diriger, est prête à accorder le pardon aux coupables qui accepteraient de le lui demander et de réparer le préjudice causé à elle et à la société. *** *** *** Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, Il va de soi que tout n’est pas sombre dans notre Université, et les cadres supérieurs que nous offrons aujourd’hui à la société ont été bien formés. Nous rendons hommage pour cela à tous ceux qui ont contribué à cette tâche : à l’Etat, aux hommes d’affaires de tous horizons, aux parents et à toute la Société civile. Les enseignants et les fonctionnaires, ces héros dans l’ombre – méritent ici nos encouragements et nos chaleureuses et sincères félicitations. Les conditions difficiles dans lesquelles ils prestent sont connues, même s’ils ont l’impression, à juste titre, de constater que la banalisation de l’appréciation de ces difficultés par l’Etat ne contribue pas à l’amélioration de leurs conditions matérielles et sociales de vie. Il est tout aussi banal de constater que notre personnel tant académique, scientifique, administratif, para-médical et technique tend au vieillissement le plus inquiétant. Quelque chose doit être fait par l’Etat, même dans une sorte de réaction de sursaut tardif. Pour notre part, nous pensons que le Gouvernement devrait nous aider à réaliser de vieux projets initiés dans deux domaines sociaux précis : 1° la construction des logements et l’attribution de crédits-logement, avec l’aide de multiples donateurs dont les offres passent régulièrement en publicité dans les médias ; 2° l’institution d’un prix d’encouragement pour les meilleures publications scientifiques, qui sont parfois le résultat de réelles prestations des auteurs dans leur domaine de spécialisation. Dans ce contexte de prestations scientifiques, nous rappelons que la Ville de Lubumbashi fête ses 100 ans en 2010, qui connaîtra aussi le cinquantième anniversaire de l’accession de notre Pays à l’Indépendance. Nous sollicitons des Facultés et Centres de recherches concernés des propositions de contributions pour une participation excellente à ce double anniversaire. *** *** *** • Chères Etudiantes finalistes, • Camarades Etudiants, La vie, dans ses dures réalités africaines, commence véritablement aujourd’hui pour vous. Nous n’avons pas de leçon de morale à vous donner. Tant pour nous, à l’Université, que pour vous, dans la vie, il s’agit aujourd’hui d’un « nouveau départ », pour paraphraser le Président Barack Obama évoquant la nécessité d’un véritable Nouvel Ordre Mondial. Le Président américain, dans son discours du 11 juillet 2009, au Ghana, à Accra, nous a opportunément rappelé que : « … la période actuelle (…) est une nouvelle période de grande promesse. Seulement cette fois-ci, nous avons appris que ce ne seront pas de grandes personnalités … qui décideront du destin de l’Afrique. Ce sera vous, les hommes et les femmes (…). Ce seront les jeunes, débordant de talent, d’énergie et d’espoir qui pourront revendiquer l’avenir que tant de personnes des générations précédentes n’ont jamais réalisé. Maintenant, pour réaliser cette promesse, nous devons tout d’abord reconnaître une vérité fondamentale : le développement dépend de la bonne gouvernance. C’est l’ingrédient qui fait défaut dans beaucoup trop de pays depuis bien trop longtemps ». Mais encore une fois, la seule recommandation à vous faire est celle de la « gouvernance » à prendre au sens moderne du terme dans la gestion et dans le comportement que vous aurez à adopter là où vous allez évoluer demain. De partout, il est conseillé aux cadres africains de « guérir », de « changer de logique » et d’apprendre à « anticiper », et donc à avoir à l’esprit que les actes d’aujourd’hui portent en germes les matériaux de construction (ou de destruction) de la société de demain. Pour cela, il faut avoir le courage d’abandonner certains comportements que vos aînés considéraient comme efficaces, mais qui ont conduit à la faillite ; et surtout il faut cultiver de « valeurs nouvelles ». En effet, la gouvernance, dans son sens actuellement accepté universellement, ne se limite pas au seul gouvernement ou à la seule conduite des affaires publiques. La gouvernance, c’est un cadre de règles, d’institutions et de pratiques établissant des limites à ne pas dépasser et procurant des incitations qui concernent le comportement des individus, des organisations et des entreprises. La gouvernance comporte à la fois des aspects techniques ou managériaux, politiques et éthiques. La gouvernance – contrairement à ce que l’on croit – n’est pas l’art de gouverner ; c’est un cadre constitué de règles, d’institutions et de pratiques fixant des limites au comportement des individus, des organisations et des entreprises. Ces règles, ces institutions, ces pratiques, qui constituent le cadre appelé « gouvernance », ne sont valables que parce qu’elles imposent de partager des valeurs, des normes et des attitudes, dont le résultat visible est celui d’accepter dans leur ensemble les responsabilités et les obligations humaines. La gouvernance tire ainsi son importance de la promotion des valeurs sur lesquelles repose, depuis des siècles, la réalité même d’une Université : le respect de la vie physique, le respect de la liberté, le respect de la justice, le respect de l’égalité, la tolérance, la solidarité. Ce qu’on a appelé, à travers les siècles, les « franchises universitaires », qui ont grandement contribué à développer les sciences, a pour base ces valeurs, qui, on s’en aperçoit aujourd’hui, constituent le fondement de la civilisation en général. C’est cela le message que vous retiendrez toute votre vie de cette cérémonie qui, nous n’en doutons pas, constitue pour vous une des étapes les plus importantes de ce « court instant » que vous êtes appelés individuellement à partager avec toute l’humanité sur cette planète terre. Ainsi, à vous, à vos parents et à vos proches, nous souhaitons, dans cet esprit, une « Bonne et joyeuse Fête ». Merci infiniment à vous tous de nous avoir prêté votre aimable attention. • Que vive l’Université de Lubumbashi ! • Que vive la Ville de Lubumbashi Wantanshi ! • Que vive la Province Cuprifère du Katanga ! • Que vive la République Démocratique du Congo ! Bonne fête et que la proclamation commence. L’shi, le 31 juillet 2009 Prof. Ord. CHABU MUMBA, Recteur de l’UNILU