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Panorama de la coopération avec la Belgique 

 

Interrompue suite au massacre des étudiants au campus de Lubumbashi dans la nuit du 10 au 11 mai 1990, la coopération avec la Belgique a suivi l'exemple des autres partenaires en dépit des liens historiques liant les deux pays respectifs.

Pendant sept années entières, l'Université de Lubumbashi s'est lancée dans une lutte de survie. Tout au début, les Facultés des Sciences Exactes ont survécu grâce aux réserves des consommables. Petit à petit, en même temps que le stock des consommables disparaissait, beaucoup de machines ne pouvaient plus fonctionner tandis que beaucoup d'autres appareils de mesure et des laboratoires devenaient inutilisables.
Les autres Facultés des Sciences Humaines ont surtout souffert d'un manque absolu de mobilité de leur personnel académique et scientifique. Ceux d'entre eux qui avaient été formés en Europe avaient leurs livres et syllabus datant de leur séjour à l'étranger. Leurs cours ne pouvaient plus être renouvelés et leurs étudiants ne pouvaient se contenter que de ce qui leur était présenté.

Le livre, document le plus important de la recherche, de l'information et de la formation, n'était plus à jour. La Bibliothèque Centrale n'avait plus d'abonnement et sa situation géographique par rapport aux Facultés ne rendait pas son accès facile ; le déplacement des chercheurs vers ce centre de documentation était très difficile et, particulièrement, pour des étudiants qui avaient des cours toute la journée. Tous les nouveaux moyens d'information ne pouvaient pas être envisagés.
C'est dans ces conditions que, sept années après, l'université avait l'image d'un géant aux pieds d'argile. De plus en plus, les efforts consentis depuis plusieurs décennies commençaient à s'émietter et la triple mission de l'université, mission relative à l'Enseignement, à la Recherche et aux Services à rendre à la Communauté ne pouvait plus être assurée ni promue. La Communauté Française de Belgique était la première à réagir.

1. Communauté Française de la Belgique : CIUF, CUD, CUI.

Lors d'une visite au Congo en 1997, les Professeurs Marc PONCELET (ULg), Pierre de MARRET (ULB) et Pierre PETIT (Ulg et ULB) avaient pris contact avec l'Université de Lubumbashi en vue d'entrevoir la possibilité de la reprise de la Coopération sans attendre une reprise institutionnelle d'Etat à Etat.
Il fut alors envisagé un essai qui aurait à relier quelques universités francophones de la Belgique à l'Université de Lubumbashi. Il fut alors entendu qu'un nouveau style de coopération baptisé : COOPERATION - PARTENARIAT démarrerait dès l'année 1998 avec un petit budget d'essai. Ce petit budget était justifié par le fait que l'accord de coopération intervenait au cours d'un exercice déjà entamé.
Le Professeur Guy SCHOROKOFF sera le premier à expliciter les objectifs visés par cette coopération nouveau style animée par la Coopération Universitaire au Développement, la Coopération Institutionnelle belges. Il fut arrêté que l'Université de Lubumbashi fixerait des besoins annuellement tandis que les partenaires Belges choisiraient parmi eux selon leurs possibilités et leurs propres besoins. L'Université de Lubumbashi se chargeait d'encadrer les partenaires Belges qui viendraient à Lubumbashi soit en visiting, soit pour l'installation des laboratoires, du matériel informatique et des livres des bibliothèques. Il s'agissait de les loger, de les nourrir et de les sécuriser pendant leur séjour à Lubumbashi.
Il va sans dire que les acquis de cette coopération avec la CUD sont déjà palpable comme nous le verrons dans la suite.

a. L'Observatoire du Changement Urbain à Lubumbashi.

L'accord lançant cet Observatoire a été signé à la date du 6 août 1999 par la partie belge représentée par le CIUF et par le Recteur de l'Université de Lubumbashi. C'est un lieu de Recherche Stratégique dont la durée de 3 ans devrait aller du 03/03/2000 au 03/03/2003.
Un programme annuel préparé d'un commun accord entre le CIUF et l'UNILU contenait des activités à réaliser dans plusieurs domaines au cours de l'année visée tandis qu'un groupe de pilotage établi auprès de chacune de deux parties serait chargé de la préparation, de la gestion, de l'administration et du suivi du programme partenaire ainsi que des programmes d'activités successifs.
Depuis lors plusieurs travaux liés à la recherche sur terrain ont été entrepris et publiés ou en voie de publication:

- L'Economie de Précarité des Ménages
- L'Alimentation du Lushois
- Le Profil Sanitaire du Lushois
- Les Systèmes d'Education
- Les Sectes Religieuses

Tous ces travaux témoignent de la pertinence des recherches scientifiques et répondent à l'objectif premier de l'Observatoire du Changement Urbain.
D'autres travaux sont en cours. Toutefois, comme le projet tend à sa fin, il a été prévu la transformation de l'Observatoire du Changement Urbain (
OCU) en Centre de Recherche Interdisciplinaire de l'UNILU.

b. Cellule de contact, Stages et Missions d'Enseignement.

De 1999 à ce jour, le Cellule de Contact de l'Université de Lubumbashi a eu à jouer un rôle très important. Elle a eu à préparer le budget annuel de fonctionnement, l'achat de matériel, les stages et les missions d'enseignement. Dès décembre 1999, une première mission de six stagiaires foule le sol belge. Elle comprend 3 Professeurs dont la mission tourne autour d'un recyclage dans leurs domaines respectifs, 3 chercheurs juniors chargés de lancer leurs recherches de D.E.S. et de thèse.
Depuis lors, chaque année, l'Université de Lubumbashi jouit d'un crédit lui permettant d'envoyer une bonne équipe de chercheurs en Belgique. A partir de 2003, le nombre de chercheurs juniors atteindra 10 doctorants l'année, pour une période de trois mois, et 3 professeurs à thèse par an pour un recyclage de deux mois.

Entre temps, la Bibliothèque Centrale a été servie. Elle a, à présent, un bon nombre de nouveaux ouvrages. Une affluence des lecteurs, étudiants et chercheurs, est de plus en plus remarquée. Un stage y a été organisé en vue de permettre aux bibliothécaires de s'adapter aux nouvelles méthodes de travail. Un technicien du Centre de Calcul a aussi passé un stage de bibliothéconomie en Belgique.
La Cellule ce Contact a équipé l'université d'un Centre de Calcul où un bon nombre d'ordinateurs ouvrent le monde aux chercheurs à travers l'Internet. Ce Centre est souvent ouvert jusqu'aux heures tardives. Des chercheurs de tous âges : enseignants et étudiants y travaillent jusque tard dans la soirée.
Si le premier programme avec les universités francophones de Belgique qui a couvert la période de 1997 à 2002 a vu l'Université de Lubumbashi se doter de l'équipement informatique, des équipements des laboratoires de Chimie, de médecine, de microbiologie et de Polytechnique jusqu'à un niveau acceptable, le plan quinquennal entrevoit plusieurs autres objectifs pour un montant total de 99.874.500 FB...

Ce montant servira à différents investissements. Les infrastructures scientifiques : équipement et gestion des pôles des laboratoires, l'équipement en informatique scientifique, la recherche et les échanges, la relève académique, la Pédagogie Universitaire, la création d'une base de données en Géologie, Droit, Economie, Archives, Cartographie, la création d'un Musée de l'homme : musée archéologique, historique, anthropologique, un laboratoire des langues, un Centre de Criminologie. Il sera aussi question d'intensifier les travaux de la Polytechnique.

Comme on peut le constater, la coopération - partenariat entre l'Université de Lubumbashi et les universités francophones de Belgique a atteint une vitesse de croisière. On ne peut cependant pas dire qu'elle ait pris en considération tous les domaines de la recherche et des services à la communauté .
C'est ainsi qu'une percée récente du côté de la Wallonie-Bruxelles a eu lieu. L'APEFE " Association pour la Promotion de l'Education et la Formation à l'Etranger " a déjà pris une initiative dans le domaine de la Santé Publique où elle a attaché un Professeur médecin, le Docteur Abderrahim CHATMI à la Chaire UNESCO en Santé Publique de l'Université de Lubumbashi pour une période de 3 ans.

Nous avons sollicité le concours de l'APEFE et du Centre Wallonie Bruxelles/Kinshasa qui a noué avec nous un partenariat dans le cadre culturel. Cet aspect mérite une attention particulière parce qu'il permettra à l'université d'imprimer à son environnement une nouvelle culture de tolérance, de fraternité et de compétition scientifique.

Quelques accords particuliers de coopération ont été signés avec certaines universités de la Belgique. Il s'agit notamment de l'université de Gembloux pour les sciences agronomiques, l'université de Mons pour la Polytechnique, l'université de Mons-Hainaut pour la Pédagogie Universitaire.