Dans le cadre de l’atelier national sur la mise en œuvre des écoles doctorales en République Démocratique du Congo, un panel important s’est tenu autour du sous-thème : « De la mise en œuvre de nouvelles écoles doctorales en RDC : formation et parcours doctoral, terminaison doctorale et mise en valeur de la thèse ».

Le Professeur Dikanga Kazadi, Secrétaire Général Académique de l’Université de Lubumbashi a, dans sa casquette de Président du panel, souligné la nécessité de repenser la manière dont l’accompagnement doit se faire après le processus de recrutement. Il soutient que la qualité du parcours est un facteur déterminant dans la qualité de la thèse produite.

Sous la modération de la Professeure Irène Ngoie de l’UNILU, des experts du milieu académique congolais ont tour à tour présenté leurs contributions pour une mise en place effective des écoles doctorales congolaises répondant aux standards internationaux.

Le Professeur Jacques Kalumba de l’UNILU a relevé le caractère indispensable de la formation des formateursdes doctorants.
Il a également proposé un chronogramme pour les trois premières années: la première année, le doctorant va devoir définir son thème ; la deuxième année, présenter l’état de l’art et le cadre théorique ; et la troisième année, présenter la méthodologie et les outils de production de données.

De son côté, le Professeur Darius Bamwene, Recteur de l’Université Joseph Kasa-Vubu, a insisté sur la qualité que doit refléter la grande révolution LMD, qui, selon lui, transporte les clés du développement. Et ce développement n’est possible que par la conjugaison des intelligences.

Insistant sur l’importance du numérique, la Professeure Christelle Sukadi a évoqué le concept de thèse 2.0, faisant allusion aux nouvelles fonctionnalités qu’apporte le numérique sur le plan méthodologique dans la rédaction d’une thèse.
Cmap tool, Nvivo, Zotero, EndNote, Miro, tels sont les quelques outils de stockage de données, d’aide à la rédaction et à la structuration des textes, et d’automatisation dans la génération de la bibliographie qu’elle a présentés

Sur cette même lancée, la Professeure Béatrice Koba Bora de l’UNILU a présenté l’intelligence artificielle comme un allié important pour la mise en place des écoles doctorales modernes, rigoureuses, visibles et compétitives.

Elle a insisté sur la nécessité pour un chercheur d’utiliser l’IA de manière éthique afin de bénéficier de tous les avantages qu’elle offre tel que le gain de temps dans la génération automatique des résumés, la recherche dans des bases de données mondiales, la traduction scientifique des textes rédigés dans des langues non maitrisées par le chercheur, l’analyse qualitative et quantitative des données et la structuration des protocoles.

Le Professeur Kabule Wetu Weva, Secrétaire permanent de la commission permanente des études a, quant à lui, proposé l’instauration d’un certain nombre de pré-requis pour la soutenance d’une thèse et la mise en place d’un suivi post-soutenance.
Ces prérequis sont, entre autres : une pré-soutenance devant un comité indépendant, un rapport de conformité scientifique, un jury composé d’experts internes et externes, et des rapporteurs indépendants.

Après la soutenance, il a suggéré que le thésard dépose obligatoirement son travail dans un répertoire national de thèses afin de faciliter la transmission aux organismes sectoriels susceptibles de valoriser les résultats.

Pour conclure les interventions du panel, le Professeur Constant Nkiama, Secrétaire exécutif de l’ANAQ-ESURSI, a fait le point sur les innovations majeures de l’arrêté 134 portant sur la mise en place des écoles doctorales et leur chronogramme de mise en œuvre.
Parmi les innovations, il a mentionné l’harmonisation dans l’organisation, l’implication de tous les membres du comité de gestion, la mutualisation des ressources et la culture de l’évaluation.

Tous ces échanges ont confirmé l’engagement des acteurs académiques Congolais à mettre en place des écoles doctorales qui garantissent l’excellence de la recherche en RDC.

Josiane Kanginzila / Cellcom UNILU