À l’Université de Lubumbashi(UNILU), la réflexion scientifique a pris des allures de laboratoire stratégique. Sous le haut patronage du Recteur, le Professeur Ordinaire KISHIBA FITULA Gilbert, l’institution a organisé, les 16 et 17 avril 2026, un atelier-colloque consacré à un thème au cœur des défis contemporains : « Polycrise et polysolutions : concepts et approches pour la gouvernance en République Démocratique du Congo ».

Ces assises ont pour objectif de favoriser le partage d’ idées autour des notions de polycrise et polysolutions, et stimuler une recherche-action capable d’éclairer les réalités congolaises à partir d’une lecture systémique et globale.

Le Recteur, dans son mot d’ouverture, a situé les travaux dans une perspective nationale ambitieuse, saluant les efforts continus visant à stabiliser et transformer la gouvernance dans un contexte de crises multiples. Il a encouragé les participants à produire une réflexion scientifique rigoureuse, capable d’éclairer les choix publics et les dynamiques sociales du pays.

Une première journée sous le signe des fondements théoriques

La première journée a été consacrée à l’exploration des bases conceptuelles. Les échanges ont permis de clarifier la portée des notions de polycrise et de polysolutions, encore peu intégrées dans les grilles de lecture académiques locales.

Les interventions du Professeur Germain Ngoie Tshibambe et du Professeur Emmanuel Banywesize ont posé les fondements épistémologiques du débat, insistant sur la nécessité de dépasser les approches linéaires au profit d’une lecture complexe des réalités sociales.

Dans la continuité, le Professeur Asipate Sikitiko a illustré cette approche à travers l’analyse du découpage territorial en RDC, mettant en évidence les effets en cascade des réformes lorsqu’elles ne sont pas pensées de manière systémique ; suivi du Professeur Kasombo Tshibanda qui a abordé la diversité linguistique comme enjeu de gouvernance inclusive.

D’autres communications ont enrichi les discussions. Des administratifs, dont le bourgmestre de la commune de Katuba, ont partagé des expériences concrètes de gestion urbaine, notamment autour de la problématique des déchets plastiques. L’ancien gouverneur du Haut-Lomami a, quant à lui, présenté les défis liés aux successions coutumières.

Une deuxième journée tournée vers les réalités sectorielles

La deuxième journée a déplacé le regard vers des terrains plus concrets, notamment la santé et l’environnement.

Le Professeur Mwembo Tambwe a exposé la résilience du système de santé congolais face aux épidémies récurrentes telles qu’Ebola, Mpox ou encore le choléra, soulignant l’importance des ressources humaines spécialisées dans la gestion des crises sanitaires.

Le Professeur César Nkuku, historien, a replacé ces défis dans une perspective longue, en revisitant les réponses apportées aux maladies à l’époque coloniale.

Enfin, le Professeur Bakari a présenté les résultats de ses recherches de terrain dans le Copperbelt, mettant en lumière les perceptions des populations face aux impacts de l’exploitation des ressources naturelles.

Une dynamique scientifique en construction

Au fil des échanges, une idée forte s’est imposée : la nécessité de structurer une véritable communauté épistémique autour de la gestion des crises complexes. L’éventualité de la création d’un Master dédié aux polycrises à l’UNILU a été évoquée comme piste stratégique pour renforcer la recherche et la formation.

Cellcom UNILU