La question est au centre des préoccupations du Secrétaire Général en charge de la Recherche, le Pr Gilbert Malemba Nsakila qui organise à l’intention du personnel scientifique, sous le haut patronage du Recteur de l’Unilu, un séminaire sur le sujet en trois sites et en fonction des domaines de recherche le samedi 10 septembre 2022 :
- Sciences du vivant : à la Faculté de Médecine
- Sciences humaines et sociales : dans la salle Mgr Tshibangu Tshishiku
- Sciences exactes : à l’Ecole de Criminologie
Sur chaque site, trois Orateurs (professeurs) sont au programme pour exposer, de manière interactive, sur leur expérience respective dans la rédaction des travaux scientifiques, les problèmes et les difficultés rencontrées mais aussi les méthodes et les techniques recommandées pour y arriver. Au-delà des approches méthodologiques spécifiques à chaque objet d’étude et de recherche, les défis à relever résident dans la normalisation des références utilisées dans une étude, les appels des notes dans le texte, les notes de bas de page, la gestion des annexes, des index, des citations dans un texte, etc. Ensuite, l’évaluation d’un travail scientifique assorti d’une défense publique du candidat se heurte souvent à la subjectivité des membres du jury en l’absence aussi d’un cadre normatif d’évaluation pour savoir exactement comment combiner les trois parties à évaluer dans un travail : -la rédaction et l’originalité d’un travail ; -les aspects formels du travail et – la défense (publique) du candidat. Celle-ci (défense) constitue en elle-même un autre défi à relever d’autant plus que dans bien de cas les défenses publiques ressemblent carrément à des formalités à assumer. et pourtant, dans un passé récent, la défense conservait encore tout son mystère et se concevait comme une épreuve redoutable durant laquelle le candidat devait prouver au jury ses capacités à trianguler : la maitrise de son sujet, celle du public et celle du matériel, y compris de la technologie.
Pour terminer, la valorisation des travaux scientifiques reste aussi un défi au même titre que celui de leur archivage et de leur héritage. En effet, que des travaux de valeur restent aujourd’hui enfouis dans l’ignorance, inconnus du grand public dans une société où la lecture peine à trouver sa place et se heurte à l’omniprésence de la tradition orale ! De plus, le politique et l’administration congolaise font rarement recours aux résultats des travaux de recherche. Avec un système aléatoire d’archivage, il n’est pas évident de disposer ou de trouver sans difficulté les travaux scientifiques produits il y a à peine trois ans. Ceci pour dire qu’au-delà de l’écriture d’un travail scientifique se greffent des défis énormes à relever pour asseoir finalement les résultats dans les environs d’une tradition solide de recherche et d’écriture scientifiques à l’Université de Lubumbashi.

