Face à des crises récurrentes, des tensions politiques persistantes et des difficultés de gouvernance chroniques, les mutations profondes de la société congolaise imposent aujourd’hui une réflexion scientifique renouvelée autour de la constitution du 18 février 2006, vingt ans après son adoption.
C’est le constat posé par la ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovation, la Professeure Docteure Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, lors de sa communication présentée ce 10 juin 2026 à l’occasion du colloque scientifique national sur l’évaluation rigoureuse de la constitution pour le pool Lubumbashi.
Intitulée « Apport de neurosciences à la gouvernance, à la stabilité institutionnelle et à la réforme constitutionnelle en RDC », son intervention soulève une question fondamentale : pourquoi cette communication 20 ans après l’adoption de la constitution de 2006 ? Elle rappelle que dans un contexte traditionnellement dominée par les juristes, les politologues et les constitutionnalistes, une dimension essentielle reste encore largement inexplorée : celle des sciences cognitives.
Pour la ministre, les neurosciences, une discipline qu’elle porte depuis plusieurs années, offrent pourtant des outils puissants pour analyser la prise de décision politique, la polarisation sociale, la confiance institutionnelle ainsi que les comportements collectifs en période de tension.
L’objectif de cette démarche innovante est d’introduire une perspective qui tient compte des neurosciences dans l’évaluation de la loi fondamentale de 2006 afin d’enrichir l’analyse institutionnelle et d’ouvrir des pistes inédites pour la modernisation de l’État. En décodant le fonctionnement réel des institutions à travers le prisme du cerveau humain, cette approche vise à concevoir des structures plus stables, prévisibles et fondamentalement adaptées aux réalités humaines du pays.
Pour y parvenir, une feuille de route claire se dessine. Il s’agit d’abord de comprendre les mécanismes cognitifs qui influencent les décisions des dirigeants et d’analyser les dynamiques cérébrales liées à la légitimité institutionnelle. La démarche ambitionne également d’identifier les schémas mentaux qui conduisent aux crises, tout en intégrant des droits constitutionnels émergents liés à l’intégrité mentale et numérique. Enfin, cette perspective cherche à appliquer ces clés de lecture scientifiques à la gouvernance de secteurs stratégiques, comme l’industrie et l’énergie, où la stabilité est déterminante pour l’avenir de la nation.
Cellcom UNILU
