RDC–Belgique : UHasselt et l’UNILU font de la coopération universitaire un terrain de recherche et d’innovation

Les partenaires belges et congolais se sont retrouvés pour regarder ce que plusieurs années de coopération universitaire ont produit sur le terrain.

Lundi 28 septembre 2026, l’amphithéâtre Professeur Lunda Bululu de la Faculté de Droit de l’Université de Lubumbashi a abrité une rencontre entre représentants des universités congolaises et belges autour des programmes ARES et VLIR-UOS, mais aussi des représentants diplomatique et ministériel.

Le panel d’échanges a tourné autour d’une question centrale : qu’est-ce que la coopération universitaire entre la RDC et la Belgique change réellement dans les universités et dans la société ?
Pour répondre à la question, figuraient notamment le Recteur de l’Université de Lubumbashi, Professeur Gilbert Kishiba Fitula, le Recteur de l’Université de Kinshasa, Professeur Jean-Marie Kayembe Ntumba, le Recteur de l’Université de Hasselt, Professeur Bernard Vanheusden, le Consul général de Belgique à Lubumbashi, Vincent Viaene, ainsi que la Directrice de cabinet adjointe de la ministre congolais de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations, Professeure Nadège Ngombe, des chercheurs et les acteurs de la coopération universitaire.

Derrière les conventions et les programmes de coopération, il y a d’abord des enseignants qui se perfectionnent. Des chercheurs qui poursuivent un travail commencé en Belgique ou en RDC. Des doctorants qui bénéficient d’un encadrement conjoint. Des jeunes universitaires qui, à leur tour, deviennent enseignants et chercheurs.

La coopération belge a notamment permis des échanges bilatéraux et le développement des compétences scientifiques et pédagogiques, avec des expériences de formation qui contribuent aujourd’hui à la relève académique.

Lors du panel, le Recteur de l’Université de Kinshasa, Professeur Jean-Marie Kayembe Ntumba, a insisté sur l’importance du réseautage scientifique et de la valorisation des résultats de recherche. Selon lui, une recherche ne devrait pas rester enfermée dans un laboratoire ou dans une publication. Elle doit pouvoir être connue, discutée et, lorsque cela est possible, utilisée par ceux auxquels elle peut être utile. L’UNIKIN, s’est resolu de traité des problemes de la société a-t-il précisé. C’est le cas des solutions proposées contre les embouteillages et l’insalubrité à Kinshasa.

À l’Université de Lubumbashi, cette approche se retrouve notamment dans les travaux consacrés aux ressources naturelles, à la santé, aux épidémies ou encore aux nouvelles technologies.

Le Professeur Gilbert Kishiba Fitula a ainsi présenté une université qui entend rapprocher la recherche des problèmes rencontrés par la société.

Le Consul général de Belgique à Lubumbashi, Vincent Viaene, a lui aussi relevé les résultats déjà visibles de cette coopération, notamment dans la formation et le renforcement des capacités de recherche.

Pour les partenaires, l’intérêt de ces échanges est précisément de pouvoir confronter les expériences, partager les résultats et identifier les domaines dans lesquels les collaborations peuvent continuer à produire des effets concrets.

SC4ALL : quand la recherche sort du campus

Après les discussions, les invités ont changé de décor. Direction le terrain, avec une démonstration du projet Solar Cookers for All , SC4ALL en sigle. L’un des fruits de la collaboration entre les étudiants de l’Université de Lubumbashi et ceux l’Université de Hasselt soutenue par VLIR-UOS.
Les prototypes ont été développés et améliorés au fil des échanges entre les équipes. Des mobilités Nord-Sud et Sud-Sud ont permis aux étudiants et aux chercheurs de confronter leurs expériences et de faire évoluer le projet.

Mais le véritable test se fait avec les utilisateurs. Lors de la démonstration, des femmes du terroir ont pris en main les cuiseurs solaires et préparé différents mets, notamment du bukari et des omelettes.

Les invités ont ainsi pu voir la technologie fonctionner dans une situation ordinaire, loin des seuls discours scientifiques.

C’est précisément ce qui donne au projet SC4ALL sa dimension particulière : les chercheurs ne travaillent pas seulement sur une technologie ; ils cherchent aussi à comprendre comment celle-ci peut être utilisée dans la vie quotidienne.

Une œuvre pour raconter le lien entre deux universités

Au bâtiment Kamoto, les deux recteurs ont ensuite inauguré une installation artistique consacrée au projet SC4ALL.
L’œuvre part d’une image simple : la lumière du soleil. Des paraboles inspirées des cuiseurs solaires et renvoient la lumière les unes aux autres. Le geste rappelle ce qui se passe entre les deux universités : une idée circule, passe d’une équipe à l’autre, est transformée, testée et revient enrichie.

L’installation a été conçue par le collectif d’artistes Atelier Haute Cuisine dans le cadre du projet de recherche.
Elle donne ainsi une dimension visible à une coopération qui, jusque-là, se racontait surtout à travers des chercheurs, des étudiants, des formations et des résultats scientifiques.

La journée s’est terminée par l’ouverture du laboratoire consacré aux travaux de fabrication des cuiseurs solaires.

C’est un point important pour le projet SC4ALL. Pouvoir poursuivre les essais, améliorer les prototypes et développer progressivement une capacité de fabrication au sein même de l’UNILU.

Pour les étudiants, cela signifie aussi apprendre autrement. Concevoir, fabriquer, tester, constater ce qui fonctionne et recommencer lorsque cela ne fonctionne pas encore.
Pour les chercheurs, c’est l’occasion de travailler sur une question scientifique tout en restant attentifs à son utilisation concrète.
Et pour les communautés, c’est la possibilité de participer à une recherche qui part d’un besoin réel.

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